Cap Ferret n’a jamais attiré autant : selon les chiffres de la Mairie de Lège-Cap-Ferret, la presqu’île a franchi la barre des 1,3 million de visiteurs en 2023, soit +8 % par rapport à 2022. À une heure de Bordeaux, ce bras de sable entre bassin d’Arcachon et océan Atlantique affiche une densité d’événements jamais vue. Hôtels complets dès avril, réservations d’ostréiculteurs en hausse de 12 % : la saison 2024 s’annonce effervescente. Cap sur les actus, les bonnes adresses et les activités qui valent le détour, même hors haute saison.

Au rythme des marées : que se passe-t-il à Cap Ferret cet été 2024 ?

Les marées donnent le tempo, les chiffres le confirment. L’office de tourisme prévoit 32 événements publics entre juin et septembre 2024, un record absolu. Parmi les temps forts :

  • 15 juin : ouverture de « Jazz en Herbe » au phare du Cap (20 h 30, entrée libre).
  • 6 juillet : traversée à la nage du bassin (2 000 m), limitée à 400 participants.
  • 14 août : régate des pinasses traditionnelles, organisée par l’Association des Bateliers.
  • 21 septembre : Nuit européenne des musées, accès gratuit au bunker de la Pointe avec projection des archives INA.

D’un côté, la municipalité intensifie l’offre culturelle pour désaisonnaliser la fréquentation ; mais de l’autre, les associations environnementales rappellent la fragilité des dunes, soumises à une érosion de 1,2 mètre/an (donnée ONF 2023). Le compromis vise une jauge réduite pour chaque événement et un nettoyage manuel des plages, sans engin motorisé.

Pourquoi la pointe du Cap Ferret recule-t-elle chaque année ?

Érosion éolienne, houle d’ouest, montée moyenne des eaux (+3,3 mm/an selon Météo-France)… Ce cocktail grignote la flèche sableuse. Les géologues du BRGM ont installé en février 2024 trois balises GPS, confirmant un recul cumulé de 18 mètres depuis 2010. Résultat : la passerelle d’accès à la fameuse Croix des Marins sera déplacée avant novembre. Bonne nouvelle : les balades restent possibles via un sentier surélevé en bois, accessible même en poussette.

Déguster la péninsule : les bonnes adresses qui font vibrer les papilles

Ici, l’huître est reine. Cap Ferret compte 56 cabanes ostréicoles actives, contre 42 il y a dix ans. Parmi les incontournables :

  • Chez Boulan : dégustation face à l’île aux Oiseaux, plateau à partir de 17 €.
  • La Cabane d’Hortense : palourdes farcies et vue sur la Dune du Pilat au coucher de soleil.
  • Le Bouchon du Ferret : bar à vins bio dans l’ancienne gendarmerie, 80 références aquitaines.

Pour un café crème à 7 h 30, direction Le Sail Fish rue des Goélands ; l’adresse existe depuis 1935 et conserve des fresques signées Jean Cocteau. Côté marché, rendez-vous place Marché Ostreicole, tous les jours dès le 1er juillet, avec un panier moyen de 24 € (source INSEE 2023).

Produits du terroir, mode d’emploi

• Asperges des sables, période optimale : mi-avril à fin mai.
• Caviar d’Aquitaine, pêche durable label Rouge.
• Vins de l’Entre-deux-Mers, parfaits avec les coquillages.

Randonnée, surf, culture : nos activités immanquables

Le phare du Cap Ferret, 258 marches, culmine à 53 m. Depuis la plateforme, visibilité de 40 km par temps clair ; on distingue la Dune du Pilat et le banc d’Arguin. Ouvert tous les jours, 6 € adulte.

Balades et paysages

Boucle des 44 hectares : 9 km en sous-bois, départ allée des Pêcheurs.
Chemin de la Pointe : 4 km aller, front de mer, accessible à marée basse.
Éco-compostelle : itinéraire balisé jusqu’à l’abbaye de La Clarté-Dieu (12 km).

Surf et glisse

Le spot de l’Horizon a enregistré 145 jours surfables en 2023 (données Météo Surf). Écoles : Surf Center Ferret (initiations 2 h, 45 €) et Little Fish (surf adaptatif). Les débutants privilégient les semaines de mi-septembre, houle plus douce et eau encore à 20 °C.

Pause culture

Le Festival du Film du Bassin (17-21 octobre 2024) présentera une rétrospective dédiée à Pierre Schoendoerffer. Le bunker blockhaus 40, restauré par la DRAC, hébergera une expo photo sur l’évolution des passes. Bonus : visites guidées gratuites chaque vendredi matin, sur inscription.

Entre tradition et modernité, les enjeux d’un joyau fragile

Cap Ferret oscille entre carte postale et laboratoire d’idées. La start-up Seabird Analytics teste depuis mars 2024 des drones inventoriant la faune aviaire pour le Parc naturel marin. Objectif : mesurer l’impact humain sur la nidification des sternes caugek, espèce protégée.

Ce modernisme ne fait pas oublier les pinasses à moteur Perkins de 1950, toujours alignées au débarcadère Bélisaire. Un symbole ? Sans doute. Le Conseil régional vise une flotte 100 % électrique d’ici 2030, mais les pêcheurs craignent la perte de « l’âme gasconne ». D’un côté, des batteries zéro émission rassurent sur la transition. De l’autre, le ronronnement diesel évoque un patrimoine vivant. L’accord provisoire prévoit un moteur hybride test sur trois embarcations dès 2025.


Les bruits des vagues, l’odeur des pins, la saveur iodée d’une Fine de Claire : impossible de s’en lasser. Si vous guettez d’autres escapades dans le bassin, gardez un œil sur les marais salants d’Arès ou les sentiers du Teich, autant de sujets que nous décortiquerons bientôt. En attendant, préparez votre sac : Cap Ferret se vit à pied, à vélo, et surtout, le nez au vent.